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LA VIE REVEE DES INDIENS Qu'est-ce que le Kitsch ? C'est être le spectateur ému de son propre tour de magie, de sa propre farce LE KITSCH RELIGIEUX HINDOU La confusion règne au sein d'une religion dont le message est aisément détourné par le Kitsch BOLLYWOOD Analyse d'un phénomène culturel et musical, qui fait de l'Inde le premier pays producteur de film au monde Vidéos à l'appui CONTACT CREDITS LIENS |
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L’Inde est le premier pays producteur et consommateur de film avec en moyenne 800 films par an et quinze millions d’entrées par jour. Derrière ce volume incroyable, se cache une extraordinaire mono-diversité de genre. A quelques exceptions près, l’Inde ne produit que des comédies musicales, estampillées Bollywood. Ces productions « made in Bombay », sont diffusées auprès d’un public indien avide de divertissement et conaissent un vif succès en Afrique, en Russie et plus récemment en Europe et en Amérique. Si le cinéma indien a largement puisé dans le cinéma d’Hollywood, c’est pour mieux le transformer et trouver sa propre originalité. La typicité du cinéma indien n’est pas dissociée de la spécificité de la relation que les indiens entretiennent avec leurs films. Le manque d’originalité comme marque de fabrique On peut s’étonner que ce cinéma ne meure pas de son manque d’innovation et de la concurrence d’un cinéma occidental plus neuf, plus original. S’il se porte toujours aussi bien, c’est que l’industrie bollywoodienne a su s’adapter à un public qui ne fait pas de l’originalité un argument de premier choix. Tant pis si les mises en scènes et les histoires se répètent pourvu qu’on ait le principal à savoir regard sur sa propre culture, sur ses propres histoires. Parce que l’attitude des spectateurs indiens est spécifique, que le cinéma occidental y réalise des scores très timides avec à peu près trois pourcent des entrées. Affirmer son identité culturelle Le cinéma Indien fait appel à la propre culture de son pays. Les scénarios ont longtemps puisé dans la mythologie hindoue, encore aujourd’hui, les danses, musiques décors et costumes traditionnels y trouvent une place de premier plan, a tel point qu’Elisabeth Lequeret (journaliste à RFI) voit le cinéma indien comme « le prolongement très naturel des arts traditionnels ». Lorsque la modernité est présente dans les films, elle ne renvoie pas à un modèle occidental de modernité, mais plutôt aux propres visions et aux propres attentes des indiens du monde moderne. L’homme blanc ne sera d’ailleurs pas représenté comme un modèle à suivre. Dans le film Dhoom (succès de l'année 2004), un occidental appartenant aux services de police indienne est présenté comme un trouillard pas très malin, et participe au comique des situations. Le cinéma est donc l’occasion d’affirmer son identité nationale et culturelle. La comédie musicale est le genre qui sest imposé pour exploiter au maximum les références à la culture indienne au travers des danses, des costumes et des musiques. |
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L’Inde ne comporte pas moins de 3000 dialectes, il est ainsi très difficile de produire du sens auprès d’un public aussi divers. De ceci découle un traitement simple des intrigues, qui s’articulent autour du langage le plus universel qui soit à savoir la danse et la musique. Elle diffuse une vision de la vie et du bonheur où tout est simplifié par la musique qui intervient comme libératrice du tourment et de la lourdeur des conventions sociales. La star : moyen de communication du rêve à la réalité Plus qu'ailleurs, les vedette sont fondamentales dans le succès des films. Ces stars sont de véritables icônes pour les indiens, aussi dévoile t-on très largement leur vie privée dans les journaux. Admirées de tous comme des modèles de réussite, de beauté, de talent, elles permettent de vivre de façon interposée le bonheur et le rêve d’une vie faite de succès. Car il faut bien que le rêve se prolonge au delà de la salle de cinéma, au delà de la fiction. Il faut donner des fondements concrets à cette vie rêvée des Indiens. Le kitsch ou les excès du cinéma indien La comédie indienne flirte avec l’excès, les thèmes qu’elle aborde pourraient être vus comme subversifs ou contestataires. Il y est souvent question d’amour entre castes opposées, d’autorité paternelle castratrice, de la lourdeur et de l’inhumanité des conventions. Les personnages sont soumis à l’ordre social, mais s’en émancipent le temps du film. C’est ainsi par exemple que des scènes érotiques font leur apparition. Même s’il n’est pas question de montrer une scène d’amour, un feu d’artifice, des tenues provocantes, un long et tendre baisé qui se termine dans un grand lit où un jeu de voilure veut nous cacher la scène qui devait suivre, ne laisse aucun doute que les protagonistes consomment leur union. De telles entorses à l’ordre moral pourraient être mal vécues dans une société encore rigide du point de vue des mœurs, or il n’en est rien et les indiens prennent même le risque d’aller voir ces films en famille. Si l’émancipation de l’individu des tabous de la société est acceptable, c’est que cette émancipation est fictive, et le kitsch, parfois même le kitsch érotique, au travers des décors, des costumes, de la musique et des danses, intervient pour apporter la preuve permanente de l’illusion, du caractère irréel et factice de la situation. Si le cinéma indien met en scène des excès intolérables, c’est pour mieux en prémunir la société, la fiction se faisant l’exutoire de toutes les frustrations. |
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VIDEOS Quatre extraits vidéo retracent l'évolution des comédies musicales Indiennes entre tradition et modernité Vidéo I : Un cinéma traditionnel Vidéo II : Premier pas vers la modernité, érotisme et expérimentation Vidéo III : Emergence d’une industrie Vidéo IV : Un cinéma moins fantasmé et plus réaliste
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Les intrigues traitent souvent d’amours impossibles par exemple dans un film on pourra voir une fille s’éprendre d’un jeune homme au grand damne de son père qui n’apprécie pas le dévolu que jette sa fille sur celui-ci. Finalement, on apprend que le jeune homme en question est un voyou qui sera finalement écroué après trois heures d’instants tragiques ou les deux protagonistes tentent de vivre un amour impossible. A la fin du film, la fille se repent et approuve l’attitude de son père comme une preuve d’amour paternel protecteur. Les comédies Indiennes ont souvent cela en commun, à savoir que l’intrigue donne raison à l’ordre social. L’inconscience de la jeunesse est souvent développée au travers d’un amour naïf, soumis à la cruauté des conventions sociales. Le spectateur partage leurs peines avant d’adhérer au discours moraliste final, qui fait prendre conscience qu’il existe une force plus sacrée et plus importante que l’amour : le devoir. Pour les indiens, le cinéma permet de vivre quelques instants d’une vie rêvée, d’amour, d’opulence, de facilité. Mais la fin remet toujours les choses à leurs places, il remet le spectateur face à lui-même, face à ses devoirs, face à sa condition dans la société, le préparant ainsi à sa sortie de la salle obscure, au retour du rêve à la réalité. En même temps que le cinéma indien produit du rêve, il produit aussi de l’ordre social. Le kitsch vient appuyer l’aspect irréel des situations, il appuie l’illusion, un décalage à la réalité, donnant par contraste plus de force encore au message terre à terre final. Finalement au lieu de comédie, on devrait parler de tragédie musicale mettant en scène le parcours épique des personnages contre des forces qui les dépassent et qui auront raison d’eux. Le caractère tragique de l’intrigue étant mise au service de l’éducation du public, il n’a de cesse de rappeler au spectateur la place que doit tenir chacun dans la société. Il serait faux et trop simpliste de s’imaginer une société indienne béatement soumise à une industrie cinématographique de connivence avec l’état ou des lobby conservateurs. Si le cinéma indien a pris la forme qu’il a aujourd’hui, c’est aussi que le public, par le succès qu’il a accordé aux films a façonné un cinéma à son goût. Le cinéma indien trouve sa spécificité profonde dans la relation particulière que les indiens entretiennent avec lui. Le spectateur ne veut pas réfléchir sur les choses, il veut ressentir son propre mal aise social, pour ensuite mieux s’y adapter dans la vie de tous les jours. Elisabeth Lequeret s’exprime en ces termes : « Ainsi le spectateur opère t-il dans le film ses propres découpages, un montage d’autant plus personnel qu’il lui permet de trouver des réponses à ses problèmes, à ses dilemmes et à ses conflits ». Les indiens vont donc au cinéma de façon rituelle, pour trouver une ligne de conduite lui permettant de survivre à son propre malaise social. |
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