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      kitsch kitch hindou bollywood Alexis Dufumier  
 
     
 
 
     
 

LA VIE REVEE DES INDIENS

Qu'est-ce que le Kitsch ?

C'est être le spectateur ému de son propre tour de magie, de sa propre farce

LE KITSCH RELIGIEUX HINDOU

La confusion règne au sein d'une religion dont le message est aisément détourné par le Kitsch

BOLLYWOOD

Analyse d'un phénomène culturel et musical, qui fait de l'Inde le premier pays producteur de film au monde

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De l'objet à l'attitude

Donnez moi du Kitsch !

Métaphysique du Kitsch

Classe moyenne et société de consommation

 
 
   

attitude kitsch

         
       

" MONSIEUR KITSCH "

 

Peu de voyageurs vous parleront de l’Inde comme je vais le faire. C’est comme si aussitôt rentré on oubliait l’essentiel de tout ce qu’on a vécu au quotidien. Certaines dictatures ne survivent que dans le culte de la personnalité. L’Inde pourrait elle survivre sans le Kitsch ?

Il est là, bienveillant caché dans cette statuette du dieu Shiva, on le retrouve dans l’intérieur du bus qui mène à Bagueswar. S’il se sauve de temps en temps, c’est pour mieux réapparaître, s’il meurt parfois, c’est pour préparer sa résurrection qui le rendra encore plus puissant, encore plus joli.

Toute sa force est dans sa capacité à séduire le plus grand nombre. Mais pour soigner son image, M. Kitsch n’a pas des moyens illimités, c’est du parfum bon marché et des bijoux fantaisies dont il use pour se faire beau. « Ca coûte cher de plaire à un milliard d’Indien ».

 

J’ai tout dit de M. Kitsch : un homme qui soigne son image à bas coûts pour plaire au plus grand nombre. Paternaliste et bienveillant, il règne sur ses sujets pour leur plus grand bonheur.

 

   

Définition du Kitsch

« Se dit d'un style et d'une attitude esthétique caractérisés par l'usage hétéroclite d'éléments démodés ou populaires, considérés comme de mauvais goût par la culture établie et produits par l'économie industrielle. » (Extrait de la définition du PETIT ROBERT)

De cette définition, il semble qu’on ne peut pas classer objectivement ou définitivement un objet dans la catégorie Kitsch. Il existe certainement plusieures cultures établies, amenées à évoluer. La culture occidentale des années 70 qui magnifiait le plastique, n’est plus celle d’aujourd’hui qui attribue souvent à se matériau des utilisations banales ou bon marché. De même la culture occidentale ne jugera pas pareillement du goût que la culture Indienne et au sein de chacune de ces cultures peuvent y cohabiter encore des centaines n’attribuant pas la même valeur à chaque chose. Dès lors n’y a-t-il pas d’autres vérités en matière de goût que le jugement d’une culture ou d’une époque. Il faut bien constater que certaines œuvres ont dépassé leur influence sur leur propre époque et sur leur propre culture pour atteindre une autre sphère du goût, plus universelle.

Je ne tenterai pas d’analyser les moyens de communication du goût entre les différents ensembles où il peut s’y établir, et d’y donner une place objective au kitsch indien. Il ne sera donc pas question ici de dire pourquoi une représentation d’un Dieu, d’un code vestimentaire etc. peut être kitsch. J’expliquerai en revanche, qu’avant l’objet, il y a l’attitude, un comportement particulier qui va conditionner la forme que les objets doivent prendre pour participer au plaisir de celui dont l’attitude est kitsch.

 
     
 
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La vie en Kitsch

 
       
   

Le kitsch est caractérisée par l’attitude d’une personne à se laisser attendrir à tout prix, sans que l’évènement ou l’objet ne mérite une telle participation affective. L’art n’est alors plus le véhicule d'une certaine vérité morale ou esthétique, il est réduit en tant que catalyseur d’une émotion personnelle et subjective.

Le comportement kitsch, c’est aussi se laisser émouvoir dans une représentation fausse et mensongère de la réalité. L’exemple typique est la statuette dorée. Ceux qui portent de la valeur à un tel objet, en oublient inconsciemment par un processus affectif, que l’objet est bel et bien en plastique.

La possibilité de prendre du plaisir par une attitude kitsch est donc directement dépendante de la capacité à se laisser séduire par l’illusion et à oublier la réalité. C’est ainsi que le kitsch permet de se passer de l’action : " le rêve suffit ! ". Le kitsch prend racine dans  la capacité de l’homme à vivre une vie rêvée hors de l’action, hors de la création.

 
     
 
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métaphysique du kitsch

 
       
   

"Si, récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par des pointillés, ce n'était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale ! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L'instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l'une : ou bien la merde est acceptable (alors ne vous enfermez pas à clé dans les waters !), ou bien la manière dont on nous a créé est inadmissible.

Il s'ensuit que l'accord catégorique avec l'être a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n'existait pas. Cet idéal esthétique s'appelle le kitsch." ("L’Insoutenable Légèreté de l'Etre" Milan Kundera)

Ainsi on peut voir derrière la statuette en plastique, une certaine négation de la pauvreté ou bien plus encore, le phantasme d’une vie opulente et luxueuse, dans un processus ou l’analogue de la merde pourrait être la pauvreté. Or la pauvreté n’est peut être pas attachée à l’homme en tant que chair, mais elle est indépendante de notre système social qui, en créant des riches, a immanquablement créé des pauvres. Le kitsch nie les imperfections de l’homme et de ses créations.

 
     
 
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kitsch et société de consommation

 
       
   

Le kitsch se traduit comme un bonheur quotidien accessible au plus grand nombre. Il est fortement lié à l’émergence concomitante d’une société industrialisée et d’une certaine classe moyenne. La société est alors capable de produire une certaine forme de « sous-art » demandée par une classe sociale qui a désormais les moyens de se payer de l’inutile, du gadget, du bibelot.

La configuration des sociétés modernes a créé un marché du kitsch, en assurant l’offre et la demande, l’objet et l’attitude. Le kitsch, c’est le bonheur à la portée d’un milliard d’indiens. La société indienne est sans doute la plus grande classe moyenne du monde, car l’Inde, paradoxalement l’un des pays les plus pauvres au monde a produit une classe moyenne considérable, de part son système démocratique et une croissance soutenue depuis plusieurs années.

Il n’est pas étonnant que le kitsch soit aussi criant à l’étranger de voyage en Inde. L’Inde est un pays à l’aube du développement, le pouvoir d’achat des Indiens reste faible et tout ce que l’Inde moderne produit comme divertissement esthétique nous semble rétro, démodé et trop faux pour être joli. Les fleurs en plastique, les guirlandes clignotantes, les klaxons musicaux... participaient au bonheur d’une époque qui n’est plus la notre, à l’invention fantastique du plastique, à l’arrivée à bas coûts de l’électronique etc. Car le Kitsch évolue. Par le plaisir qu’il procure, il pousse l’homme à réclamer autre chose, qui lui procure encore plus de plaisir, il pousse à consommer ce qui se fait de mieux dans la société. C’est en cela que le kitsch a une fonction pédagogique, et qu’il pousse l’homme à évoluer dans ses goûts.

 
   
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